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Le projet

Témoigner pour Agir est une exposition sur les cultures du témoignage des communautés sexuelles et de genres qui a eu lieu à la Maison de la culture Frontenac, à Montréal, du 29 novembre 2017 au 21 janvier 2018. Cette exposition présentait les histoires d’artistes locaux et internationaux s’identifiant à une minorité sexuelle ou de genre, de personnes intersexes, de personnes vivant avec le VIH et de personnes avec une expérience de travail du sexe.

Résultant d’un partenariat entre les milieux communautaires et académiques, Témoigner pour Agir révélait un discours éthique, esthétique, politique sur les défis et les retombées du témoignage de sa sexualité, de son genre et de son corps.

Des œuvres d’artistes professionnels et de projets d’art communautaire ont mis de l’avant des narratifs intimes et contemporains qui reflétaient les luttes d’une collectivité et un appel à la solidarité.

Les partenaires communautaires de l’exposition sont :

Objectifs de l’exposition

Les objectifs de l’exposition étaient de :

  • Sensibiliser les publics en faisant connaitre la pluralité des expériences et des histoires (individuelles et collectives) des communautés sexuelles et de genres;
  • Mettre en commun les expertises scientifiques, les savoirs d’artistes et de praticiens des milieux communautaires et les acquis expérientiels des publics;
  • Créer un discours éthique, esthétique, historique, politique, polyphonique sur les enjeux, les défis et les retombées du témoignage de sa sexualité, son genre, son travail, son corps et son statut sérologique;
  • Soutenir l’intégration sociale des communautés sexuelles et de genres en permettant la création de conditions favorables au dévoilement personnel et à l’amélioration de leurs conditions de vie.

Message

L’éthique au cœur du processus

L’éthique et le respect des personnes témoins et artistes sont aux fondements du projet d’exposition Témoigner pour Agir du groupe de recherche Cultures du témoignage. Par éthique, nous référons à une transparence dans les pratiques et les intentions. Pour ce faire, une place centrale est accordée aux personnes prenant part au projet.

Pour le bien-être des personnes impliquées

Le respect du processus de dévoilement de soi de chaque personne était l’une de nos préoccupations principales. En ce sens, nous avons reconnu que tous et toutes ne désiraient pas avoir la même visibilité publique et nous nous sommes engagé.e.s à respecter les limitations que cela peut engendrer dans le type d’implication de chaque personne au sein du projet. De plus, tout au long du processus, nous avons offert un soutien et un accompagnement aux personnes dont les pratiques, l’identité ou l’orientation sexuelle ou de genre sont dévoilées publiquement afin de minimiser les risques associés au témoignage public. Inspirée d’un long travail de concertation avec des intervenant.e.s sociaux qui accompagnent les PVVIH, notre approche d’accompagnement social a été intégrée avant, pendant et après le témoignage public.

Pour le respect de la dignité humaine

Sans nier les processus de victimisation à l’égard de certaines communautés sexuelles, ce projet d’exposition se distanciait des messages et représentations victimisantes. En ce sens, Témoigner pour Agir était un projet d’exposition mettant en valeur les diversités sexuelles et de genre en présentant simplement des réalités à la fois complexes et plurielles.

Pour un contexte social solidaire empreint de justice et d’égalité

L’une des visées de l’exposition en termes de justice était de rendre visibles et audibles les points de vue des communautés sexuelles minorisées au sein de la société. Ainsi, il importait que chacune d’entre elles bénéficie d’un espace et d’une importance égale à toutes les étapes de la mise en œuvre de l’exposition.

© J. W. Goodyear for Testimonial Cultures

Dispositifs pour répondre aux exigences éthiques du projet

Plusieurs mesures ont été déployées afin d’assurer un déroulement respectant nos engagements en matière d’éthique :

  • (1) la possibilité pour les artistes et personnes témoins d’utiliser un pseudonyme;
  • (2) la protection de la confidentialité des informations personnelles;
  • (3) la nécessité, pour qu’il y ait diffusion ou exposition des œuvres et des témoignages, d’une autorisation écrite sous forme de contrat des personnes témoins ou artistes;
  • (4) la création d’un groupe d’action sociale, le « comité des sages », composé de membres de chacune des communautés, dont le mandat est de réfléchir et de discuter des enjeux, des obstacles et des opportunités rencontrés dans les processus de production et de réception de l’exposition, et d’émettre des recommandations d’action;
  • (5) sur la question des contenus sensibles, la création d’un espace clos lors de l’exposition, ainsi que la mise en place de dispositifs (textes ou autres) expliquant certaines démarches artistiques et réalités afin d’aider les publics à les comprendre plutôt que d’en être choqués.

Collaborateurs

  • Maison de la culture Janine-Sutto (anciennement connue sous le nom de Maison de la culture Frontenac)
  • Bibliothèque Frontenac
  • Institut de recherche et d’études féministes (IREF)

Reconnaissances

Cette initiative a été rendue possible grâce au Fonds communautaire pour le 150e anniversaire du Canada, qui était une collaboration entre les fondations communautaires du Canada, la Fondation du Grand Montréal, le gouvernement du Canada et des leaders extraordinaires de l’Atlantique au Pacifique à l’Arctique.

Démarche itérative et co-commissariat

Une structure de gouvernance collaborative, solidaire et égalitaire a été mise en place à partir d’une collectivisation des connaissances scientifiques et des savoirs pratiques sont disposent les membres de l’équipe de recherche, le commissaire de l’exposition, ainsi que ceux du comité consultatif composé de membres des communautés sexuelles et de genres.

Nous qualifions ce processus de co-commissariat, où le travail du commissaire professionnel est ici celui d’expert et de médiateur, offrant un espace où l’émergence et la confrontation d’idées sont possibles, et où les décisions sont prises dans un processus transversal et inclusif. Son rôle de médiateur, telle une pierre angulaire, allie ainsi les artistes et leurs œuvres, aux messages des membres des groupes communautaires.

Comité des sages

Le « comité des sages » (CS) était un comité composé d’individus experts citoyens, membres d’une ou de plusieurs communautés, qui ont un intérêt pour le témoignage artistique. Il s’agit des personnes lesbiennes, bisexuelles, gaies, queer et trans, dont certaines vivent avec le VIH ou ont une expérience du travail du sexe, qui ont orienté toutes les étapes de la réalisation de l’exposition; de sa conceptualisation à la sélection des œuvres et projets, à la mise en espace, au développement d’une identité visuelle, à l’organisation d’un parcours de visites commentées et à sa promotion.

Le mandat du comité des sages était de réfléchir et de discuter des enjeux, des obstacles et des opportunités rencontrés dans les processus de production et de réception de l’exposition.

Les membres du comité des sages avaient à :

  1. Veiller à ce que le projet d’exposition regroupe et représente la variété de témoignages des communautés sexuelles et de genres dans une perspective anti-oppressive d’inclusion et de changement social;
  2. Identifier les défis émergents en lien avec l’exposition, sur les plans personnels, sociaux et politiques;
  3. Se prononcer à chaque étape de la mise en œuvre (conception, scénarisation, sélection des artistes, production, publicité, réactions des publics, suivis à court et moyen termes);
  4. Recommander au comité d’encadrement de l’exposition des actions qui répondent à ces défis.