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Conférences publiques

Conférence d’ouverture – Immersion dans le corps séropositif, politique et représentation. Perspective personnelle d’un artiste engagé, Richard Sawdon Smith.

Samedi 2 décembre 2017, 15h à 16h30

Maison de la culture Frontenac

Témoignant de sa propre histoire à travers des autoportraits photographiques, Richard Sawdon Smith a présenté des œuvres récentes qui permettent aux publics, par le biais d’une technologie de réalité virtuelle, de voyager à travers son corps séropositif dans l’objectif de contrer l’un des plus importants enjeux auxquels font face les personnes séropositive : la stigmatisation.

Activité à la Bibliothèque Frontenac – “La réalité LGBTQ”, GRIS Montréal.

Mercredi 6 décembre 2017, 18h à 19h

Bibliothèque Frontenac

Échanges avec deux personnes issues des communautés LGBTQ afin de mieux comprendre leurs réalités et de défaire les préjugés. Animé par le GRIS Montréal.

Performance et table ronde – Après C-36: Toujours en lutte contre la violence envers les personnes qui exercent le travail du sexe

Dimanche 17 décembre 2017, 15h à 16h30

Maison de la culture Frontenac

À l’occasion de la Journée internationale pour mettre fin à la violence envers les travailleuses du sexe, le 17 décembre, Témoigner pour Agir a réuni des expertes des milieux artistiques, communautaires et universitaires : Alexandra Tigchelaar (Sasha Von Bon Bon), Grace Van Ness, Jenn Clamen et Viviane Namaste. Toutes ont livré un message phare pour en finir avec la violence depuis l’entrée en vigueur de la loi C-36 [Loi sur la protection des collectivités et des personnes victimes d’exploitation (2014)] et, en particulier celles qui s’exprime envers les femmes, les personnes trans et les personnes racisées qui exercent le travail du sexe au Canada.

Conférence de clôture – Voix intersexes : s’élever de la honte, du stigma et du mutisme. Ins A Kromminga.

Vendredi 19 janvier 2018, 19h à 20h30

UQAM

L’activiste et artiste intersexe Ins A Kromminga a exploré l’émergence dans l’espace public de voix, de langages et de témoignages des personnes intersexes. Par la mise en relation de ses œuvres et d’exemples de projets stimulants au sein du mouvement militant intersexe, Kromminga a analysé comment ces voix, ayant été historiquement et socialement réduites au silence par la prédominance d’une approche médicale pathologisant et exotisant les personnes intersexes, peuvent être à la source d’un mouvement mondial.


Rencontres avec les artistes

Témoigner pour Agir : le livre d’artiste. Rencontre avec Eloisa Aquino et Kevin Crombie

Samedi 6 janvier 2018, 15h à 16h30

Bibliothèque Frontenac

Cette rencontre était l’occasion de créer un dialogue entre les deux artistes (Eloisa Aquino et Kevin Crombie, tou.te.s deux exposant des livres d’artiste lors de Témoigner pour Agir), le public, le commissaire de l’exposition Jamie Wilson Goodyear et le GRIS Montréal au sujet du témoignage artistique et des enjeux vécus par les personnes minorisées en raison de leur sexualité, de leur genre ou de leur corps.

Témoigner pour Agir : le travail textuel. Rencontre avec Ianna Book et Shan Kelley

Samedi 13 janvier 2018, 15h à 16h30

Bibliothèque Frontenac

Cette rencontre était l’occasion de créer un dialogue entre les deux artistes (Ianna Book et Shan Kelley), tou.te.s deux exposant des œuvres au travail textuel lors de Témoigner pour Agir), le public, le commissaire de l’exposition et le Centre de lutte contre l’oppression des genres au sujet du témoignage artistique et des enjeux vécus par les personnes minorisées en raison de leur sexualité, de leur genre ou de leur corps.


Lancement d’un livre

Le témoignage sexuel et intime, un levier de changement social? (dir. Mensah), PUQ, dans la collection Problèmes sociaux et intervention sociale.

Jeudi 7 décembre 2017, 17h30 à 19h

UQAM

Cet ouvrage collectif réunit des textes qui mobilisent des savoirs scientifiques et du terrain ainsi que des extraits d’entrevues menées avec des personnes ayant témoigné publiquement qui sont issues des communautés sexuelles et de genres au Québec. Les auteur.e.s, provenant de milieux variés, exposeront les jalons théoriques et méthodologiques du récit personnel et intime comme ceux d’un important levier de changement social.


Journées d’études

Journée d’étude : Points de vue de la relève étudiante

Jeudi 11 janvier 2018, 10h à 16h

UQAM

Cette journée d’étude était l’occasion de faire un état des lieux des points de vue de la relève en recherche sur les cultures du témoignage. Organisée selon la formule d’une « Master Class », les étudiant.e.s et les présentateurs.trices ont discuté leurs travaux avec des expert.e.s en études féministes, travail social, sexologie, histoire de l’art, arts visuels, sociologie et théories queer. Les conférenciers et conférencières incluent : Jamie W. Goodyear (études et pratiques des arts), Véronique Larose (travail social), Claude G. Olivier (histoire de l’art) et Clark Pignedoli (sociologie).

Journée d’étude : Les projets d’art communautaire

Jeudi 18 janvier 2018, 15h à 21h

UQAM

Cette journée d’étude réunissait les présentations d’artistes et organisations communautaires qui exposent des projets d’art communautaire dans le cadre de Témoigner pour Agir. Les conférenciers et conférencières ont discuté avec le public des processus de production et de réception de Mon corps, mon histoire (Communauté internationale des femmes vivant avec le VIH), ArmHer (Sex Workers’ Alliance of Sudbury), Installation Stella (Stella l’amie de Maimie) et Entre nous (Coalition des organismes communautaires québécois de lutte contre le VIH/sida).


Médiation culturelle

Visites guidées suivies d’ateliers de création

Samedi 2 décembre 2017, 13h à 14h45

Dimanche 17 décembre 2017, 13h à 14h45

Maison de la culture Frontenac

Deux visites guidées, élaborées par l’équipe, permettaient des échanges avec les publics autour des narratifs intimes, sociaux et politiques de Témoigner pour Agir et étaient suivies d’ateliers de création avec un.e artiste médiateur.rice à la Bibliothèque Frontenac.

L’heure du conte avec Barbada

Samedi 13 janvier 2018, 11h à 12h00

Bibliothèque Frontenac

La Drag queen Barbada a raconté des histoires aux enfants de 3 à 6 ans, accompagnés de leurs parents, à la Bibliothèque Frontenac.

Ouvrages en bibliothèque

Dans le cadre de Témoigner pour Agir, la Bibliothèque Frontenac a mis à disposition des ouvrages, s’adressant à tous les publics, abordant les thématiques de l’exposition.


Comptes rendus des activités

Conférences

Conférence d’ouverture – Immersion dans le corps séropositif, politique et représentation. Perspective personnelle d’un artiste engagé, Richard Sawdon Smith.

La conférence d’ouverture de Témoigner pour Agir a été livrée par Richard Sawdon Smith, photographe britannique, dans la salle de spectacle de la Maison de la culture Frontenac. Il a présenté une conférence intitulée « Immersion dans le corps séropositif, politique et représentation : une perspective personnelle ». Il y a effectué une rétrospective de ses œuvres des deux dernières décennies, œuvres dans lesquelles il utilise l’autoportrait afin de rendre visible les mécanismes de la stigmatisation envers les personnes vivant avec le VIH. Il nous rappelle que son travail repose sur une perspective personnelle, constitue un témoignage d’artiste, qui puise dans son expérience d’homme gai, séropositif depuis 1994, avec une charge virale indétectable depuis 2005.

Sawdon Smith est d’avis que tout le monde n’a pas les moyens de témoigner publiquement dans des conditions sécuritaires. L’utilisation d’une (ou plusieurs) persona lui permet de se détacher de son travail, de créer une distance et devenir plus objectif. Il adopte la persona du « narcissique endommagé » pour parler de la corruption, de la vanité et du corps potentiellement endommagé par le VIH qui est invisible à l’œil nu. La persona « L’homme anatomique », où le sujet – Sawdon Smith lui-même – est une personne pré-tatouage/pré-médical et post-tatouage/post-médical, comme c’est le cas de plusieurs personnes vivant avec le VIH, dont la vie est séparée en deux, avant et après le diagnostic de séropositivité au VIH.

Durant la période d’échange avec l’assistance, la discussion a porté sur la notion d’indétectabilité du VIH, sur la démarche d’exploration de son propre corps et de sa maladie en tant qu’artiste, sur les tensions soulevées par l’idée de témoigner publiquement de son statut sérologique au quotidien, de la différence entre être séropositif en 2017 par rapport à vivre avec le VIH en 1994, sur la question du stigmate et sur le tatouage.

Performance et table ronde – Après C-36 : Toujours en lutte contre la violence envers les personnes qui exercent le travail du sexe.

À l’occasion de la journée internationale pour mettre fin à la violence envers les travailleuses du sexe (TDS), l’équipe a organisé une conférence réunissant un panel d’expertes suivi d’une performance autour du thème « Après C-36 : toujours en lutte contre la violence envers les personnes qui exercent le travail du sexe ».

Toutes ont livré un message phare pour en finir avec la violence depuis l’entrée en vigueur de la loi C-36 [Loi sur la protection des collectivités et des personnes victimes d’exploitation (2014)] et, en particulier la violence qui s’exprime envers les femmes, les personnes trans et les personnes racisées qui exercent le travail du sexe au Canada. L’activité s’est tenue dans la salle de spectacle de la Maison de la culture Frontenac. Chacune des panélistes a livré une courte communication et s’en est suivi une discussion entre elles, puis avec l’assistance. La période d’échange avec le public a porté sur la notion de sécurité pour les TDS, notamment en contexte de témoignage public, comme celui d’un panel ou d’une conférence comme celle-ci. Plusieurs stratégies de protection et de soutien à employer au quotidien ont été nommées et discutées.

Point de vue communautaire, Jenn Clamen

Jenn Clamen milite dans le mouvement canadien et global pour les droits des travailleuses.eurs du sexe – elle a cofondé la Guilde canadienne du travail érotique en 2003. Elle est présentement la coordonnatrice aux communications et de la mobilisation chez Stella, et la coordonnatrice nationale de l’Alliance canadienne pour la réforme des lois sur le travail du sexe.

De son point de vue, la violence envers les travailleuses.eurs du sexe n’est pas une chose théorique, mais bien réelle. Elle estime que c’est plutôt l’idée que « la prostitution est une violence en soi » ou « une forme d’exploitation sexuelle en soi » qui est théorique. Si on suit cette pensée, il n’y a qu’un pas à franchir pour passer de vouloir éliminer la « prostitution » à éliminer « les prostituées ». Il y a aussi la violence exercée par la répression policière et judiciaire, la société et les services sociaux.

À ce sujet, Clamen a fait la démonstration que la violence vécue par les travailleuses.eurs du sexe ne provient pas de leur travail en tant que tel, mais plutôt des pensées et théories qui conduisent et promeuvent la criminalisation, qui entraîne un contexte de stigmatisation, un climat de haine et de rejet. Ce contexte est propice à la violence envers les travailleuses.eurs du sexe, la violence envers elles est permise et vécue au quotidien. La violence est, en partie, une conséquence de la criminalisation qui isole les travailleuses.eurs du sexe des systèmes légaux, santé, sociaux; les conséquences d’être dévoilé.e comme travailleuse.eur du sexe et la discrimination subséquente dans les sphères publiques laissent les travailleuses.eurs du sexe sans protection. Nous devons reconnaître l’agentivité et l’autodétermination des travailleuses.eurs du sexe, et iels doivent être inclus.es dans le développement de toute loi et politique ayant un impact sur leur vie et sur leur travail.

Clamen a conclu sa communication en exhortant le nouveau gouvernement fédéral à soutenir la demande de retrait de la PCEPA, qui augmente la présence de la police dans les vies des travailleuses.eurs du sexe ainsi que leur vulnérabilité à la violence.

Point de vue académique, Viviane Namaste

Viviane Namaste est professeure à l’Institut Simone de Beauvoir et titulaire de la Chaire de recherche en VIH/sida et santé sexuelle de l’Université Concordia. Elle était présente au panel afin d’emmener un point de vue académique à la discussion.

Point de vue artistique, Grace Van Ness

Grace Van Ness (voir la section sur les artistes et les œuvres pour la biographie) a présenté une vidéo qui est constituée de l’enregistrement d’une conversation téléphonique avec sa mère, suite à ce que celle-ci ait trouvé la pornographie de Van Ness sur les médias sociaux et la discussion de « réconciliation » qu’elles ont eue.

De son point de vue d’artiste visuel et de pornographe, les histoires personnelles des TDS sont trop souvent présentées de manière simplifiée, banalisée. Ceci favorise, selon elle, la violence envers les TDS. La communication de Van Ness lui a permis d’expliquer sa démarche artistique qui consiste à raconter sa propre histoire (en l’occurrence du coming out à sa mère), à l’aide d’extraits audio et vidéo. Ces extraits, bien que sexuellement explicites, ont été contextualisés et commentés. L’assistance au pu ainsi découvrir comment l’artiste cherche à démontrer la complexité humaine, les couches et les nuances de cette double expérience d’être à la fois travailleuse du sexe et la fille d’une mère. Les lois actuelles ne tiennent pas compte de de cette complexité et des nuances dans la vie des TDS. Il serait beaucoup plus difficile de les criminaliser si c’était le cas.

Van Ness a conclu sa communication sur la dimension collective de son témoignage artistique, puis qu’il est corroboré par d’autres collègues dans l’industrie.

Performance, Sasha Van Bon Bon

Sasha Van Bon Bon, co-fondatrice de la troupe de cabaret-théâtre Operation Snatch à Toronto, a performé des monologues choisis de « Les Demimondes » et « Neon Nightz ». Sa prestation satirique présentait les réalités des TDS, en présentant les liens entre les différents préjugés qui sont véhiculés à différentes époques.

Conférence de clôture – Voix intersexes : s’élever de la honte, du stigma et du mutisme. Ins A Kromminga.

La conférence de clôture a été livrée par Ins A Kromminga, artiste et militant.e pour les droits des personnes intersexes,  à la salle Marie Gérin-Lajoie de l’UQAM.

Kromminga a débuté avec un récapitulatif de l’histoire de la pathologisation de l’intersexualité, et les conséquences néfastes de cette vision médicale sur les personnes intersexes, notamment les chirurgies non-consenties sur les nouveau-nés. En discutant de son cheminement artistique, Kromminga nous explique que cette pathologisation est une des raisons pour lesquelles les représentations médicales prennent une grande place dans son travail. Par exemple, on y retrouve les outils de mesure des organes génitaux, comme l’échelle du pédiatre suisse Prader, utilisée pour classifier les organes génitaux et, par le même fait, les organes génitaux « déviants » de la norme.

Par la suite, Kromminga a témoigné de son histoire personnelle. À la naissance, on l’a désigné.e comme fille, toutefois, à l’adolescence sa puberté a pris un virage plutôt masculin, qui lui était incompréhensible. À la recommandation du médecin, Kromminga a commencé à prendre des bloqueurs d’hormones. À l’âge de 18 ans, Kromminga a choisi de cesser la médication et a tenté de vivre en tant que femme. C’est douze ans plus tard, en entendant l’entrevue d’une femme trans, que ça lui a permis de trouver des témoignages de personnes qui vivent des choses semblables. C’est de cette façon que Kromminga a rencontré l’activiste allemand de première vague Michel Reiter, qui a mis sur pied l’AGGPG, un groupe militant contre la violence pédiatrique, en Allemagne en 1996. Kromminga fait écouter à l’audience un court extrait d’un vidéo en allemand sur les dossiers médicaux de cet activiste, « The Hidden Gender » (2001).

Kromminga a discuté ensuite plus longuement de sa démarche artistique. Selon lui, les personnes intersexes existent depuis toujours, et, en ce sens, Kromminga aime inclure des liens aux « ancêtres culturels » de l’intersexualité, retrouver dans le passé des personnes qui lui ressemblent. Selon Kromminga, l’histoire des personnes intersexes est enchâssée dans l’histoire de la médecine moderne. En effet, il y avait une période dans la culture photographique médicale où les médecins étaient experts des personnes intersexes, ils étaient l’autorité à écouter.

Afin de parler de cette stigmatisation des corps intersexes dans ses œuvres, Kromminga fait un lien avec la culture populaire : « Vulvarine », un terme sexiste et péjoratif pour parler des vagins poilus et du personnage de Wolverine, un X-men, qui vit aussi des conséquences de préjugés par rapport à son corps, ce qui provoque la honte, le secret. Cette stigmatisation des corps et les prescriptions de normes de genre rendent presque impossible le fait d’échapper à ces institutions médicales.

Pour terminer sa communication, Kromminga a présenté le mouvement militant intersexe qui croît à travers le monde. Ce mouvement a débuté grâce aux familles qui sommaient un changement du modèle médical dominant (la Intersex Society of North America). Un extrait du film documentaire « Les hermaphrodites parlent » (Chase, 1997) a été présenté à ce sujet. Ensuite, les résultats de quelques recherches prometteuses ont été présentés, mais il demeure que les militant.e.s exigent qu’il y ait davantage de recherches faites sur les enfants intersexes et les adultes. Bien que le mouvement social grandisse en nombre et en visibilité, la majorité des personnes intersexes sont isolées. Dans plusieurs pays, il n’y a qu’une personne qui se dit intersexe et qui défend les droits des personnes intersexes. Ainsi, les forums et congrès internationaux sont des opportunités rares pour les personnes intersexes de se rassembler et d’avoir de la visibilité. En effet, Kromminga fait un témoignage sur ses années d’adolescence, qui étaient une source de honte, de solitude, d’exclusion et de frustration. C’est la rencontre d’autres personnes intersexes qui lui a permis de reprendre du pouvoir sur sa vie, et de réaliser que les personnes intersexes ont droit à leurs corps, qu’ils ne sont pas horribles, et que ce qui est horrible est ce que le système médical leur fait subir.

La période de questions, animée par Janik Bastien-Charlebois, a suscité un engagement dynamique de la part du public. Les thèmes abordés étaient nombreux : l’historique des groupes de défense des droits des personnes intersexes, de l’identification des personnes intersexes à ces groupes, ainsi que des difficultés et des points tournants du parcours de Ins face à son intersexualité, notamment en ce qui a trait au sentiment d’isolement. L’audience a aussi questionné la question du militantisme par l’art, et les liens qui unissent divers groupes minoritaires (par ex. LGBTQ, personnes vivant avec le VIH, personnes sourdes, personnes handicapées, mouvement féministe). Le public se questionne aussi sur la pertinence de certaines interventions médicales, et Kromminga explique que ce n’est jamais un danger de vie ou de mort. Enfin, une discussion est entamée sur les préjugés les plus communs, les jeunes personnes intersexes, ainsi que sur les raisons du développement des droits des personnes intersexes à Malte.


Rencontres d’artistes

Témoigner pour Agir : le livre d’artiste. Rencontre avec Eloisa Aquino et Kevin Crombie

La rencontre d’artistes sur « Le livre d’artiste queer », s’est tenue dans la salle polyvalente de la Bibliothèque Frontenac. Ses buts étaient de :

  • réunir Eloisa Aquino et Kevin Crombie, deux artistes exposant des livres d’artistes dans l’exposition Témoigner pour Agir.
  • entrer en dialogue avec le public sur le témoignage artistique et les enjeux vécus par les personnes minorisées en raison de leur sexualité, de leur genre ou de leur corps.

Eloisa Aquino est une artiste queer brésilienne qui s’est établie à Montréal. Depuis maintenant près de 30 ans, elle fait des zines qui abordent les réalités des queer latinx, que l’on peut explorer sa série intitulée « The Life and Times of Butch Dykes » (2009).

Sa communication lui a permis de présenter son site web B&D Press, pour ensuite décrire le processus par lequel elle a développé ses différents zines. Elle a débuté en faisant des biographies illustrées de lesbiennes masculines, pour éventuellement s’intéresser aux personnes queer, dont les réalités sont invisibilisées. Elle décrit son travail comme une sorte de journalisme : elle fait des recherches afin d’avoir toute l’information nécessaire pour résumer la vie des personnes, avec ses richesses et ses nuances. Alors que certaines biographies ne prennent qu’une seule journée, d’autres demandent un plus grand investissement de temps. Elle discute du livre Madame Sata, qui a été plus long à réaliser, qui comprend plus de textes, et qui est présenté dans un format différent de ses zines. Elle explique que comme elle n’a pas accès à des sources primaires, elle écrit en fait les mythes des personnes, où elle ne peut pas raconter ce qui est arrivé, mais plutôt ce que les gens ont pensé de ce qui est arrivé. L’histoire qu’elle produit est la façon dont une société a perçu une figure queer.

Kevin Crombie est un artiste et auteur établi au Québec. Il a milité dans la scène queer à Toronto et Halifax dans les années 1980, et utilise maintenant l’écriture comme activisme. Son livre d’artiste Gloss a été exposé dans le cadre de l’exposition Témoigner pour Agir. La rencontre d’artistes lui a permis de présenter sa compréhension des luttes collectives et personnelles menées pour la défense des droits des communautés gaies comme étant à la fois politiques et expérientielles.

Crombie a débuté sa communication en expliquant qu’il vit un malaise face à la culture de l’autopromotion, qui a des effets sur son travail. Il finit par produire des choses qui sont pour les autres plutôt que pour lui. Il est fasciné par les livres. Pour Crombie, le livre est une technologie, une référence, qui sert à classer les savoirs, et généralement on suppose que cette référence est fiable, puisque structurée. Sa démarche artistique vise donc à déconstruire les idées préconçues que les gens se font à propos des livres. Il présente plusieurs de ses œuvres, où il parle en tant qu’auteur qui fait de l’art et décrit la façon dont l’art a joué un rôle important dans l’écriture de son roman.

La période de questions a porté sur les thèmes de la traduction, de l’absence de références académiques, ainsi que sur la façon dont l’identité transparait dans l’art.

Témoigner pour Agir : le travail textuel. Rencontre avec Ianna Book et Shan Kelley

La rencontre d’artistes s’est tenue dans la salle polyvalente de la Bibliothèque Frontenac. Elle visait à permettre au public d’entrer en dialogue avec Ianna Book et Shan Kelley, deux artistes exposant dans Témoigner pour Agir sur le thème du « travail textuel artistique » et approfondir sa connaissance des enjeux vécus par les personnes minorisées en raison de leur sexualité, de leur genre ou de leur corps.

Shan Kelley est un artiste visuel albertain établi à Montréal, queer et séropositif. Il est membre du groupe Visual AIDS qui utilise l’art pour combattre la stigmatisation liée au VIH/sida. Depuis qu’il a reçu un diagnostic de séropositivité au VIH en 2009, il utilise l’art comme action militante. Ses œuvres « Count me out » [Compte-moi] et « Growing Concerns »[Préoccupations croissantes] ont été exposées dans le cadre de Témoigner pour Agir.

Après avoir lu la lettre à sa fille qui accompagne l’œuvre Préoccupations croissantes Shan Kelly a montré plusieurs exemples d’œuvres qu’il a réalisé. Il a expliqué leur histoire et la manière dont sa démarche vise à rendre visible le vécu des personnes vivant avec le VIH et de sa propre séropositivité. Il travaille à partir d’un texte et les mots ont une façon d’exprimer l’intimité de ce vécu; les mots invitent l’audience à interpréter le texte.

L’artiste a décidé de s’engager à dénoncer les préjugés suite à des situations personnelles. Indigné, il aborde aussi le thème de la perte d’un être cher (son père, sa conjointe, sa fille, ses ami.e.s) à travers des symboles comme le lit, les cartons d’armement militaires.

Par rapport au VIH/sida spécifiquement, Kelley en a eu marre à un moment donné des événements comme la Journée mondiale du sida, le 1er décembre chaque année. Il y a toujours ceux et celles que la journée mondiale ne représente pas. Ceci a ouvert une porte vers des réflexions sur l’invisibilité, et sur les enjeux du dévoilement de son statut positif au VIH, notamment auprès de ses partenaires. Kelley dénonce les idées fausses et la sérophobie.

Ianna Book est une artiste multidisciplinaire qui a exposé son installation « OK Lucid!» dans le cadre de Témoigner pour Agir.

Ianna Book a retracé les événements marquants de sa pratique de création et performance. Plusieurs exemples de ses œuvres ont été commentées par l’artiste.Le texte de ses œuvres est celui qui apparait sur un écran et constitue pour Book une façon de projeter la violence et s’en départir. 

Suite aux deux présentations, une période de discussion a suivi, d’abord entre les artistes puis avec le public. Les questions de l’auditoire ont permis de développer l’échange autour de la réception des œuvres par les différents publics, de l’expérience du dévoilement en ligne (de sa séropositivité au VIH, de sa transsexualité, etc.) sur des sites de rencontre et de notre in/tolérance vis-à-vis les différentes réponses possibles des gens qui reçoivent un tel témoignage. Une discussion s’en est suivie sur la question de la criminalisation de la non-divulgation du statut séropositif au VIH, sur le travail textuel artistique, et sur la tension entre l’art et le militantisme.


Journées d’étude

Journée d’étude : Points de vue de la relève étudiante

La journée d’étude sur les perspectives émergentes en recherche sur les cultures du témoignage a réuni un total de dix-huit personnes. Les professeures Julie Lavigne et Maria Nengeh Mensah ont animé la journée et un cadre respectueux a été posé afin de s’assurer d’échanges de qualité. Cinq présentations étudiantes ont été suivies par une discussion des plus stimulantes.

  • Jamie Wilson Goodyear (au doctorat en études et pratiques des arts, UQAM) a présenté sa recherche-intervention auto ethnographique sur la pratique du co-commissariat dans la mise sur pied de l’exposition Témoigner pour Agir. Les commentaires et réflexions sur sa présentation se sont concentrés sur l’évolution du rôle de commissaire, le changement de paradigme dans le commissariat, et sur les dispositifs et le temps requis pour la prise de décision épar consensus.
  • Claude G. Olivier (au doctorat en histoire de l’art, concentration en études féministes, UQAM) a partagé une analyse de la manière dont les productions artistiques et culturelles des artistes trans permettent de penser les violences perpétrées par les discours dominants. L’analyse repose sur sa propre expérience en tant que cocommissaire de TRANS TIME : Affirmations trans en art actuel (Montréal 2014, Paris 2016). La discussion a tourné autour des questions de l’autoreprésentation, des risques pour les artistes qui témoignent et du médium de la photographie.
  • Julia Minne (au doctorat en communication, Université de Montréal et en Arts plastiques, Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne) a discuté des témoignages vidéo des féministes québécoises des années 1970, dans la perspective de diffusion des luttes et de réappropriation du médium vidéographique. Elle se questionne sur la place à attribuer à ces voix actuellement. La discussion avec l’assistance a abordé la confrontation entre le public et l’intime dans la vidéo, la notion de la production vidéo par et pour les communautés, et la transversalité entre l’histoire de la vidéo et celle des féminismes.
  • Clark Pignedoli (au doctorat en sociologie, concentration en études féministes, UQAM) s’intéresse à la représentation des voix trans au sein des théories Drag King. Il a présenté une problématisation des pratiques Drag King, qui si comprises de façon cisnormative, nient la visibilité des personnes trans. Les réflexions et commentaires en fin de présentation ont été marqués par les liens entre transitude et performance drag, ainsi que les enjeux associés à l’utilisation d’une méthodologie participative.
  • René Légaré (à la maîtrise en communication sociale et publique, UQAM) a présenté une analyse préliminaire des discours d’hommes gais sur la PrEP selon une perspective critique des rapports de pouvoir. Son projet s’intéresse à discerner les mécanismes de contrôle de la sexualité et à évaluer si ce discours sur la PrEP influence les rapports de pouvoir établis. La discussion avec l’assistance a permis de débattre de la réduction des méfaits, des dynamiques de pouvoir entre hommes gais, et avec le lobby pharmaceutique ainsi que sur les liens à tisser entre les notions de promiscuité, d’hétéronormativité et de mononormativité.

Nous avons terminé la journée avec une discussion en plénière sur les points communs entre les cinq présentations et sur des perspectives qui émergent de ces dernières.

Journée d’étude : Les projets d’art communautaire

La Journée d’étude sur l’art communautaire et l’art engagé a permis de réunir vingt personnes. Les professeures Vero Leduc, Ève Lamoureux et Maria Nengeh Mensah ont animé la journée. Huit personnes ont présenté leurs projets. Après chaque présentation, les participant.es étaient invité.es à utiliser des post-it afin de laisser des commentaires, questions et réflexions suscités par la présentation. Ces post-it étaient affichés au mur et regroupés selon les questions suivantes :

  1. Qu’est-ce que l’art permet de plus dans l’engagement?
  2. Quelles questions éthiques posent les pratiques d’art communautaire par et pour les personnes issues de minorités sexuelles et de genres?
  3. Quels sont les enjeux sociaux les plus importants pour les combats à mener pour une société plus inclusive?

En résumé, voici le contenu de ces présentations.

La Pièce rose – Chloé Surprenant et Jenn Clamen | Stella, l’amie de Maimie

La Pièce rose est une œuvre collective mettant en scène une collection d’objets appartenant à des travailleuses du sexe. Exposée dans Témoigner pour Agir, l’œuvre présente les réalités personnelles et politiques des personnes travaillant dans l’industrie du sexe.

D’abord, les conférencières ont expliqué que l’organisme Stella utilise souvent l’art pour contrer les stéréotypes et les préjugés sur le travail du sexe. De son côté, Chloé a fait du street art et du photoreportage pendant plusieurs années lors de voyages où elle était en lien avec des personnes migrant.e.s. Retraçant l’histoire de leurs collaborations artistiques, Jenn et Chloé ont parlé d’un atelier d’art et de littérature qu’elles ont donné en prison, qui impliquait une sensibilisation aux enjeux liés à l’hépatite C. Puis, d’autres actions culturelles de ce type ont été discutées, par exemple peindre des slogans sur des participantes de chez Stella pour dénoncer la prohibition durant le Grand Prix.

Pour l’artiste, les premiers contacts avec les femmes étaient donc dans l’intimité, mais aussi dans l’ouverture. Elle nomme les enjeux liés à l’anonymat (ex. effacer les tatouages sur Photoshop pour éviter que les femmes soient reconnaissables). La Pièce rose s’inspire d’un projet semblable réalisé par le groupe Butterfly Asian Sex Workers Network, basé à Toronto : une mise en scène d’objets ayant appartenus à des migrant.e.s qui exercent le travail du sexe. C’est avec cette idée en tête, et le visuel de la chambre rose du film Twin Peaks de David Lynch, qu’elles ont créé La Pièce rose. Elles ont fait un appel dans la communauté et les objets ont commencé à arriver avec leurs histoires. Chloé a peint un espace de la galerie en rose, et les femmes sont ensuite venues disposer les objets dans l’espace. La Pièce rose est spéciale, car elle permet de mettre de l’avant des histoires qui réchauffent le cœur, et ce sont des récits qui ne sont pas souvent mis de l’avant quand on donne une place à ces histoires, on ne se fait pas prendre au sérieux. C’était donc une belle opportunité de prendre parole dans un espace sécuritaire.

La transformation personnelle et sociopolitique à travers les réussites et les difficultés de l’art communautaire – Anne-Céline Genevois, Danielle Gratton et Jill Samborsky | Collectif Art Entr’elles

À l’aide du témoignage, de trois artistes communautaires, cette présentation a discuté de deux projets: Décliner votre identité, une création collective composée de onze autoportraits audio-photographiques autour du thème de l’identité, et Double peine, un court métrage documentaire sur les défis de la réintégration sociale d’une femme après la judiciarisation. L’objectif de leur présentation était d’offrir une vision de terrain de l’art communautaire et de montrer les retombées des projets réalisés. En collaboration avec la Société Elizabeth Fry, c’est avec la volonté d’établir des dialogues à propos des femmes criminalisées dans la communauté et de briser les préjugés que l’idée d’utiliser l’art a émergé. Céline Genevois a parlé des retombées qui sont de l’ordre des transformations individuelle et collective, ainsi que de l’équilibre du pouvoir décisionnel entre les personnes impliquées dans les projets.

Puis, Jill Samborsky a témoigné de sa participation au projet Décliner votre identité, auquel elle a participé alors qu’elle était à une époque difficile de sa vie. Alors qu’elle était hésitante et gênée au départ, elle a participé aux rencontres qui avaient lieu deux fois par semaine à l’été 2014. Les premiers exercices servaient à apprendre à s’exprimer par l’art et apprendre à se connaître. Ensuite, le groupe de femmes a commencé à travailler sur le projet, où elles devaient faire chacune une mise en scène pour une photographie avec un objet, ainsi qu’une prose. Elle explique sa démarche et les éléments de son œuvre (une photo d’elle-même), en mettant l’accent sur l’importance du travail collaboratif et de la présence des autres femmes dans la réalisation de sa propre photo.

Enfin, Danielle Gratton a parlé de sa participation au projet Double peine, un documentaire sur les parcours de femmes ayant été en prison. Alors qu’au départ elle ne souhaitait pas faire partie du documentaire, elle a choisi d’y participer, afin de parler de la réalité que les femmes vivent lorsqu’elles sortent de prison : c’est, comme le titre l’indique, une double peine, car en plus de la peine purgée en prison, elles font face au jugement et à des difficultés pour refaire leur vie. Le processus de ce projet a été semé d’embûches, notamment la démission de l’artiste professionnelle, mais elles ont persisté, et elle est fière de présenter un récit qui trace les difficultés qu’entraine la judiciarisation.

En conclusion, il ressort que les artistes professionnelles vivent souvent des différends avec les participant.e.s, notamment sur les choix esthétiques, et il est difficile pour elles d’accepter que le projet appartienne ultimement à la communauté. De plus, sachant que les priorités de la Société Élizabeth Fry sont au niveau de l’intervention, et non de l’art, un défi majeur concerne la nécessité de conserver l’intégrité des œuvres, tout en priorisant l’intervention. L’obtention de financement pour les projets ainsi que leur diffusion sont aussi des enjeux importants.

Histoires et processus de création de l’œuvre Territoire de mon corps – Tracy Gregory | ArmHer Collective

Cette présentation en vidéoconférence depuis Sudbury, en Ontario, a discuté du projet d’art communautaire issu d’un partenariat entre Sex Workers Advisory Network Sudbury (SWANS) et l’organisme Myths and Mirrors. Tracy Gregory a expliqué le contexte de formation du collectif ArmHer: les membres de SWANS voulaient que leurs voix soient incluses dans les conversations sur l’industrie du travail du sexe, car elles constataient que les personnes qui s’expriment sur ces réalités ne parlaient pas de leur expérience. Leur but était d’être mieux représentées dans toute leur diversité et contribuer à éliminer la stigmatisation envers les travailleuses du sexe. L’utilisation de l’art était d’abord afin qu’elles aient une conversation entre elles – elles ont créé un environnement sécuritaire pour se réunir et partager leurs expériences. L’élément de honte étant très présent, c’était la première fois qu’elles étaient en mesure de partager, et de guérir. Le processus de création, comme il était basé sur le consensus, a pris beaucoup de temps. Toutes les créatrices sont considérées égales.

La vidéo qui accompagne l’installation Land of my Body comprend un monologue écrit par Sarah Gartshore, à partir des témoignages des femmes, toutes sont Autochtones. Le processus de création était itératif, elle rendait les textes aux femmes, qui commentaient afin de les modifier, et ainsi de suite jusqu’à ce que les propos correspondent à ce qu’elles voulaient vraiment dire.

Je t’aime : une expression du « Je » et du « Nous » – Daniel-Claude Gendron | COCQ-SIDA

Daniel-Claude Gendron a d’abord présenté les divers projets artistiques qu’il a menés, le processus de réalisation de l’œuvre, le contexte de la création, et les préoccupations des personnes vivant avec le VIH. Il y a eu, notamment, la bande dessinée Super Séropo etdes ateliers d’art-thérapie à la Maison Plein-Cœur. Gendron analyse les différentes toiles réalisées dans le cadre de ces activités, et décrit les différentes caractéristiques des participant.es en fonction de leur contribution aux œuvres – chacun.e a joué un rôle précis dans l’art collectif. En conclusion, nous avons pu entendre les propos des personnes ayant participé à la création du dytique Je t’aime, en 2007, afin de revenir sur l’évènement, 10 ans plus tard.

Mon corps, mon histoire : témoignages de femmes vivant avec le VIH – Marilou Gagnon

Deux ateliers de cartographie corporelle ont été organisés avec la International Community of Women Living With HIV (ICW+), pour permettre aux femmes de témoigner de leur expérience des traitements antirétroviraux et leurs effets secondaires. Après avoir décrit ce qu’est une cartographie corporelle et les aspects méthodologiques, éthiques et pratiques des ateliers, Marilou Gagnon a présenté les leçons apprises à travers l’utilisation de cette méthode.

Dans ce projet, Gagnon apportait son expertise de recherche sur les effets secondaires de la prise de médication. Alors que les femmes sont particulièrement touchées par les effets secondaires, on ne connait pas bien ceux-ci. Sa recherche visait à explorer ces effets secondaires, avec d’autres méthodes que les méthodes qualitatives traditionnelles. Ses collègues, Carmen Logie et Jessica Withbread, avaient des expériences dans le domaine artistique. La cartographie corporelle (body mapping) est une approche participative axée sur les arts qui est apparue au début des années 2000 en Afrique du Sud, particulièrement auprès des femmes vivant avec le VIH. Cette méthode permet de se raconter dans une trajectoire chronologique en cinq étapes : le contour du corps, les pieds, la tête, le chemin des pieds à la tête, et le corps (ce qui se passe à l’intérieur). Le rôle des animatrices était un rôle de facilitation, il y avait une grande collaboration entre l’équipe et les participantes.

Suite aux ateliers, pour la rédaction du rapport, Gagnon a rédigé un récit qui englobe le récit de toutes les femmes – par exemple, celles-ci parlaient beaucoup de leurs réalisations. Elle se questionne dorénavant sur les aspects matériels des ateliers, et note qu’il y a un besoin de plus de littérature sur cette méthode. Elle conclut que ce projet a une grande force de pouvoir recueillir des témoignages d’une façon différente, mais que l’idéal serait de recréer l’expérience dans un contexte communautaire plutôt qu’un contexte de recherche.